2024 : une année de chamboulements

Aujourd’hui 1er décembre, il reste 30 jours dans l’année 2024. Une année riche en émotions de toutes sortes, en apprentissages et en transformation.

Les impacts de la maternité

Bon vous le savez bien entendu, le gros changement dans ma vie fut de porter et de donner la vie à une merveilleuse petite fille qui aura déjà 6 mois dans quelques jours 😭 (c’est fou ce que le temps passe vite). C’est évident que ce nouveau chapitre a tout transformé dans ma vie. Je vous raconte d’ailleurs ma grossesse et mon accouchement dans mon docu audio Donner la vie que je vous invite à écouter si ce n’est déjà fait.

Mais qu’on se le dise, c’est vraiment l’entrée en soi dans la maternité qui a tout changé pour moi. Tant que l’on y est pas, on ne sait pas à quoi s’attendre, on ne sait pas si on va aimer être mère, si on va réussir à se dévouer à ce petit être sans s’oublier (même si ça paraît impossible), si on va vivre une dépression post-partum, si ce qu’on avait prévu va bien se passer (ex. l’accouchement ou l’allaitement), bref il y a beaucoup de choses que l’on ne peut prédire. Jusqu’ici je me sens très chanceuse car tout s’est déroulé comme je le souhaitais (avec quelques embûches) et je me plais bien dans ce nouveau rôle, qui est à la fois épuisant et épanouissant, au point de me faire remettre en question mon style de vie.

Je ne me suis jamais imaginée mère au foyer. C’était même un rôle que je dénigrais lorsque j’étais plus jeune. Mais actuellement, je l’expérimente et franchement je m’y sens bien. Cependant avec le coût de la vie, il ne serait pas raisonnable de vivre sur un seul salaire, je devrai donc reprendre le travail en juin prochain. Et je trouve ça déplorable. Déplorable que l’on doive faire garder notre enfant par obligation. Envoyer notre enfant à la garderie/crèche devrait être un choix et non une nécessité mais pour beaucoup de parents, c’est la seule solution si l’on veut offrir le meilleur à nos enfants.

C’est à ce moment que vous me direz que l’entrepreneuriat est la voie à prendre pour avoir le contrôle sur son emploi du temps et pouvoir profiter de ses enfants comme bon nous semble. Sauf qu’en 2024, en lisant le livre Rest is Resistance de Tricia Hersey, j’ai pris conscience des impacts du capitalisme sur mon mental et mon physique. D’un point de vue mental, c’est une course incessante à la réussite sociale et économique : en vouloir toujours plus, un meilleur statut, un meilleur titre [de poste], un compte en banque plus rempli, plus de reconnaissance. Et d’un point de vue physique, well, par où commencer ? Une fatigue et un stress qui n’en finissent jamais et qui peuvent même parfois nous tuer ! Et malheureusement, l’entrepreneuriat c’est aussi ça. Parfois je me sens coupable ou pas à la hauteur car j’en vois des femmes, mamans et entrepreneures. Je connais d’ailleurs une femme qui après avoir eu son 3e bébé, a repris son activité entrepreneuriale à peine 2 mois après. HOW DOES SHE DO IT? Oui je sais que nous les femmes, nous sommes capables d’en faire beaucoup mais doit-on le faire ? Est-ce qu’on devrait toutes être des #bossladies ou des #mompreneures ?

L’une de mes révélations de cette année 2024 a été de comprendre que chaque femme a le droit de choisir son parcours, son style de vie et la façon dont elle veut vivre sa maternité. Ainsi, une mère au foyer a tout autant de valeur qu’une maman entrepreneure qui a tout autant de valeur qu’une femme sans enfants, entrepreneure ou non. En fait, il y a de la place pour chacune d’entre nous, quels que soient nos choix de vie. C’est aussi ça le féminisme inclusif. Prendre en considération que ce n’est pas parce que nous pouvons travailler, nous pouvons entreprendre, nous pouvons être mère, que nous devons le faire. Tous les profils sont valides et légitimes et se juger entre nous de par notre statut familial ou professionnel nuit à la communauté féminine, surtout que tout peut changer du jour au lendemain. Je n’aurais jamais cru aspirer à être maman à temps plein et pourtant me voici.

Ce qui compte vraiment

Au début de l’année, j’ai suivi un atelier d’écriture astrologique. Ce dernier consistait à connecter avec ses ancêtres via la rédaction d’un texte reflétant notre thème astral. Ce jour là, j’ai découvert que je venais d’une lignée de femmes dévouées à la maternité et aux relations familiales. Des femmes qui ont fait beaucoup de sacrifices pour leur famille/foyer, quitte à mettre en péril leur santé mentale et physique. Mais elles étaient également des femmes fortes, des femmes déterminées, des femmes remplies de douceur et d’empathie, sur qui l’on pouvait compter et qui impactaient positivement la vie de leurs proches. Je vous raconte ceci parce que longtemps, j’ai pensé que ma mère manquait d’ambition, qu’elle n’était pas vraiment une femme épanouie car elle n’avait pas eu une carrière professionnelle digne de ce nom ou encore parce qu’elle n’avait pas vraiment de passions. Je ne connaîtrai jamais la vérité mais ce que je peux dire, c’est que ma mère était tout de même une femme comblée. Comblée par son rôle de mère, son rôle de sœur, son rôle de tante ou encore son rôle de fille prenant soin de ses parents vieillissants. C’était ce qui lui importait le plus.

Et ce fut pour moi l’ultime leçon de cette année 2024 : dédier mon temps et mon énergie au plus important. De nos jours, on se met tellement de pression pour « réussir sa vie », accomplir de grandes choses, être validée par les autres que l’on oublie de tout simplement vivre alors qu’en réalité, exister c’est bien assez !

Je ne sais pas encore ce que 2025 me réserve. Ce sera une grosse année car elle marquera les 10 ans de moments significatifs dans ma vie (décès de ma mère, déménagement au Canada). Je ne peux donc pas m’exprimer sur l’avenir de Noire & Femme car je n’y ai pas encore réfléchi. Quoi qu’il arrive, cette plateforme est une belle réussite pour moi et je suis fière de ce que j’ai réalisé à travers ce projet.

Nanoushka.

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Ma fausse couche : 10 ans après